Les Grands Thermes de Châtel-Guyon sauvés par la Mission Patrimoine ?

Cela fait plus de 20 ans que la belle au bois dormant attend son prince charmant à Châtel-Guyon. Prendrait-il les traits de Stéphane Bern ? Si l’on en croit sa Mission Patrimoine, le joyau thermal a été sélectionné comme projet emblématique 2026, bénéficiant ainsi d’une subvention issue du Loto du patrimoine, avec des travaux qui devraient commencer en fin d’année. Les Grands Thermes est l’un des 18 sites régionaux sélectionnés cette année.

Choisir entre historique et fonctionnel

Il y a plus de 6 ans, nous vous avions brossé le portrait de la station thermale de Châtel-Guyon, et son nouveau centre thermal Aïga Resort (lire l’article)   , tel un phœnix qui renaît de ses cendres. En effet les anciens Grands Thermes n’avaient plus la fonctionnalité nécessaire pour s’adapter aux nouvelles exigences du marché, et pourtant, le lieu est magique, surnommé la cathédrale thermale.

Érigés entre 1904 et 1906 par l’architecte Benjamin Chaussemiche, les Grands Thermes de Châtel-Guyon incarnent l’apogée de la Belle Époque au cœur de l’Auvergne. Ce palais de pierre de Volvic et de brique se distingue par son style néo-classique monumental, témoignant de l’époque où la station était le rendez-vous de l’élite internationale, de Maupassant aux têtes couronnées.

 

À l’intérieur, le faste est omniprésent : des fresques colorées, des mosaïques raffinées et une verrière zénithale baignent de lumière le hall majestueux. Spécialisé dans le traitement des troubles digestifs grâce à ses eaux uniques, les plus riches en magnésium d’Europe, l’établissement a su traverser le XXe siècle en préservant son décor d’origine. Aujourd’hui, bien que les soins aient migré vers le complexe moderne Aïga Resort en 2020, les Grands Thermes demeurent un joyau architectural protégé, symbole immuable du patrimoine thermal français.

Bien plus qu’un simple coup de pinceau

Vous pensez bien qu’un bâtiment qui souffle cette année ses 120 bougies, laissé à l’abandon, et qui a accueillis des ablutions thermales, souffre de nombreuses détériorations.

Voici ce qu’en dit la fondation du patrimoine :

« Les éléments constitutifs des couvertures sont tous extrêmement vétustes, délabrés et altérés. Le toit du patio et les verrières représentent un danger pour les visiteurs, obligeant la ville à ne proposer qu’une visite partielle du bâtiment. Les innombrables fuites et infiltrations d’eau mettent en péril les charpentes, décors et aménagements intérieurs accélérant la dégradation globale du bâtiment.

Les travaux prioritaires envisagées portent sur la réfection des couvertures à l’identique :

Réfection des couvertures en tuiles selon les modèles artisanaux, y compris tous les éléments décoratifs associés ;

Réfection des verrières (techniques plus contemporaines à l’étude, intégrant notamment des vitrages avec des performances d’isolation thermique et solaire améliorées) ;

Dépose de la verrière « contemporaine » qui couvre le patio. »

Le montant total estimé est de 20 millions d’euros. Gageons que la dotation du Loto du patrimoine, estimée à 500.000 euros, incite les différentes strates institutionnelles à débloquer d’autres subventions, que ce soit la ville de Châtel-Guyon, la communauté d’agglomération Riom Limagne et Volcans, le département du Puy-de-Dôme, la région Auvergne-Rhône-Alpes, voire des mécènes…?

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Nous avons eu la chance d’interviewer Léa Lemoine, chef de projets Patrimoine et Innovation pour la Route des Villes d’Eaux du Massif Central (sacrée carte de visite) : « C’est une super nouvelle pour la ville de Châtel-Guyon et pour les stations thermales d’une manière générale car c’est le premier établissement thermal en France qui va recevoir ce soutien et ce coup de projecteur. Cela signifie que ces thermes là sortent du lot, parce qu’il y a beaucoup de Thermes en décrépitude en France et en Europe. Il y a un vrai projet derrière ce bâtiment emblématique.

Cela récompense des efforts politiques et de la société civile, très attachée à ce patrimoine à Châtel-Guyon. C’est un petit bijou, un de mes thermes préférés. Même si l’établissement est fermé depuis 20 ans, la source continue à vivre, bien que canalisée. Il y a eu des infiltrations d’eau et d’humidité.

Nous avions un partenariat avec la Fondation du Patrimoine Auvergne et nous avions recensé les sites en danger, à l’échelle de l’Auvergne, dont les Grands Thermes de Châtel-Guyon. Nous avons une action permanente pour faire connaître le lieu : l’artiste Guilaumit , avec Vidéoformes, avait, il y a 5 ans, mis en lumière en street-art augmenté, la façade des Grands Thermes (lire l’article). »

NB : La semaine prochaine, 22 avril, l’émission « Des Racines et des Ailes » est consacrée à Châtel-Guyon, La Bourboule et Chaudes-Aigues… avec des images des Grands Thermes…

Saluons comme il se doit cette belle initiative qui tente à ressusciter les trésors du passé.

Pour en voir plus : le talentueux photographe Alain Larivière a immortalisé l’état des Grands Thermes de Châtel-Guyon en 2012 , cliquez ICI 

La page de la Fondation du Patrimoine consacrée aux Grands Thermes de Châtel-Guyon

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/grands-thermes-de-chatel-guyon/105096

 


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Pierre-Edouard Laigo

Directeur et Rédacteur en Chef

Communicant qui aime marier des entreprises de la région


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