Auvergne-Rhône-Alpes franchit le cap du milliard de kWh de gaz vert injecté dans le réseau de distribution

Auvergne-Rhône-Alpes vient de franchir le cap du 1 milliard de kWh (1 térawattheure) de gaz vert injecté dans le réseau de distribution exploité par GRDF. Cette performance collective illustre la mobilisation des agriculteurs, des collectivités et des entreprises locales pour accélérer la transition énergétique. 1 TWh, c’est l’équivalent de la consommation annuelle de 250 000 foyers chauffés au gaz ou 4 000 bus roulant au BioGNV.

Un gaz renouvelable produit localement

Issu de la méthanisation des déchets organiques, le gaz vert est injecté dans les réseaux et se substitue au gaz fossile pour alimenter logements, industries et mobilités. En Auvergne-Rhône-Alpes, 73 sites sont aujourd’hui en service :

49 unités de méthanisation agricole

17 stations d’épuration

3 sites industriels

1 site de traitement des déchets ménagers

3 sites ISDND (Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux)

Cette diversité de gisements témoigne d’une région qui a su adapter la production de gaz renouvelable à son territoire. « Franchir le cap des 1 TWh en Auvergne-Rhône-Alpes, avec l’équivalent de 250 000 logements alimentés en gaz vert c’est faire la preuve tous ensemble, que la transition énergétique avance, dans le concret. » — Guilhem Armanet, Directeur régional GRDF Sud-Est.

Une filière durable et en plein essor

En France, la part des cultures dédiées à la méthanisation reste limitée à 5 % en moyenne, contre les 15 % du plafond réglementaire. Avec seulement 3 % de cultures dédiées à la méthanisation, AURA confirme une approche durable.

Avec 100 projets en file d’attente, la région vise, de façon réaliste, 2 TWh d’ici 2030. La filière s’appuie par ailleurs sur des entreprises régionales innovantes comme WAGA Energy, METHALAC, SEYA, PRODEVAL, DELTALYS. Cette filière industrielle dynamique a contribué au chiffre d’affaires national de 1,1 milliard d’euros en 2024 généré par les entreprises françaises du gaz renouvelable, dont 286 millions en région. 23 % des emplois de la filière française sont localisés en AURA, et 6000 recrutements sont prévus d’ici 2030.

De la cogénération à l’injection Un arrêté publié en septembre 2025 facilite la conversion des sites de méthanisation en cogénération, qui produisent aujourd’hui de l’électricité à partir du biogaz, vers l’injection de gaz vert dans les réseaux. Avec un accompagnement adapté, la filière estime qu’elle pourrait atteindre 4 à 5 TWh de conversion. En Auvergne-Rhône-Alpes, 65 sites sont concernés.

Les chiffres clés de la méthanisation en France

Le gaz vert, un atout pour les JOP 2030

À cinq ans des Jeux Olympiques et Paralympiques, 1 % de production actuelle de gaz vert en AURA suffiront pour acheminer 1 million d’athlètes et spectateurs jusqu’aux lieux des Jeux, avec des transports décarbonés au BioGNV. Et d’ici là, la production régionale aura encore doublé. Réduire de 80 % les émissions de CO₂ et de 90 % les particules fines : le gaz vert « made in Auvergne-Rhône-Alpes » sera une solution concrète et peu coûteuse pour des Jeux résilients. — Guilhem Armanet, Directeur régional GRDF Sud-Est.

Des exemples près de chez nous

Dernier né dans la famille régionale des 73 sites de méthanisation d’Auvergne-Rhône-Alpes, Lebre Energies a été mis en service le 5 novembre 2025 à Sainte-Florine en Haute-Loire. Objectif 9 GWh d’injection sur le réseau !

C’est en décembre 2024 que la première unité européenne de production de biométhane alimentée par une source de biogaz hybride a été mise en service à Clermont-Ferrand. Née de la coopération du VALTOM, collectivité publique en charge de la valorisation et du traitement des déchets ménagers du Puy-de-Dôme et du Nord de la Haute-Loire, et de Waga Energy, spécialiste de la production de biométhane sur les sites de stockage des déchets, cette technologie va permettre de fournir jusqu’à 15 GWh de biométhane par an sur un territoire clermontois particulièrement engagé (lire l’article)

À Saint-Rémy de Chargnat (Puy-de-Dôme), le gaz c’est une histoire de famille. « Ce projet, nous l’avons imaginé avec ma femme Catherine avec un objectif : créer un avenir pour nos enfants en leur transmettant une exploitation viable pour l’avenir qui leur permettra de vivre dignement de leur travail. Aujourd’hui, notre unité de méthanisation produit chaque année l’équivalent de la consommation de chauffage de 1 000 foyers de l’agglomération d’Issoire, ce qui nous rend tous très fiers ».

Cette deuxième vie de nos eaux usées nous la retrouvons également dans nos campagnes comme c’est le cas à Arpajon-Sur-Cère, près d’Aurillac, dans le Cantal, avec la STEP de Souleyrie qui a profité de sa modernisation pour construire une unité de méthanisation des boues de traitement des eaux usées. Résultat un biogaz cantalou qui est directement réinjecté dans le réseau de gaz de ville.

Implantée à Verneix dans l’Allier, l’unité de méthanisation CVE Ouest Bourbonnais, mise en service en 2024, se situe dans le top 3 des sites producteurs de gaz vert grâce à la valorisation de plus de 15 000 tonnes de déchets résiduels du territoire (rebuts et coproduits des industries agro-alimentaires (IAA), biodéchets déconditionnés, résidus végétaux, graisse de restauration) et ce dans un rayon de 60 km autour du site.

Un enjeu économique régional

Le sujet du biométhane a largement été traité dans nos pages depuis plusieurs années (lire l’article)

Parce que nous parlons bien de souveraineté énergétique régionale. L’augmentation de la part de gaz vert local dans notre consommation, au-delà des grands plans de « transition énergétique » devrait pouvoir, à terme, (si nous ne sommes pas spoliés de nos efforts par l’Europe) réduire enfin les factures de gaz qui ont explosées depuis ces dernières années.

Le prix de la facture de gaz a été multiplié par 6 en 25 ans… Nous payons la même somme qu’en 2002… mais en euros plutôt qu’en francs.

Ne nous y trompons pas : la part de notre consommation réelle ne représente que la moitié de la facture… Les taxes ont terriblement augmenté, et les « boucliers tarifaires » évoqués par les schizoïdes de Bercy ne sont que de la poudre aux yeux pour calmer la plèbe.


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La Rédaction du Courrier des Entreprises


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