Flauraud : « se transformer pour durer »

Premier fait d’arme de la société d’investissement munichoise FairCap en s’installant en France il y a quelques mois : la reprise de Flauraud auprès d’Emil Frey France. Le spécialiste historique en France du marché de la distribution de pièces détachées automobile, basé au Brezet à Clermont-Ferrand, a su séduire par son potentiel et son réseau de 27 magasins. Cédric Kuhn, son nouveau Directeur général, défini une nouvelle orientation pour assurer la pérennité de notre fleuron auvergnat.

Flauraud, une histoire auvergnate

L’année dernière, à l’approche de la commémoration des 80 ans de la fin de la seconde guerre mondiale, nous avions mis à l’honneur les entreprises auvergnates ayant vécu la libération (lire l’article) . Nous aurions pu adjoindre à cette liste Flauraud, entreprise autrefois familiale, née à Aurillac en 1932.

Depuis 94 ans, la petite boutique aurillacoise a bien grandi en devenant un acteur majeur du marché de l’après-vente automobile, fort de 27 magasins, pour la distribution professionnelle de pièces et services pour les pros. Aurilis group, initialement installé boulevard de Verdun à Aurillac, avait installé sa plateforme dans la zone du Brezet en 2012, proche du nœud autoroutier clermontois.

S’adapter à un marché concurrentiel

Depuis 2012, Flauraud connaissait des difficultés économiques. « Avoir été régulièrement recapitalisée par son ancien actionnaire lors des 10 dernières années n’a pas suffi à redresser la barre, dans le marché de l’après-vente automobile marqué par une forte pression concurrentielle accentuée par les conflits internationaux. L’évolution technologique du parc roulant existant et la montée des exigences de réparations multimarques rendent nécessaires la transformation structurelle des acteurs. »

Lors de la présentation du plan de restructuration aux collaborateurs, le 19 mars dernier, Cédric Kuhn a mis l’accent sur le projet qui sera conduit avec une écoute des représentants du personnel et dans la transparence. Flauraud va travailler à l’élargissement de son offre et s’inscrire, à nouveau, dans une dynamique de croissance.

« Fédérer les énergies »

Porté par la volonté de réussir collectivement ce défi, Cédric Kuhn a rejoint l’aventure Flauraud avec l’ambition claire de fédérer les énergies et de redonner une perspective à une entreprise historique, profondément ancrée.

Cédric Kuhn

« L’histoire et les valeurs de Flauraud font écho à mes convictions profondes : l’engagement, le dépassement de soi et la volonté d’avancer, même dans les moments les plus exigeants. Si Flauraud a été un fleuron par le passé, depuis 2012, l’entreprise a vu son chiffre d’affaires plonger et sa rentabilité s’effriter au point de mettre à mal sa pérennité. Et ce dans un secteur en pleine mutation technologique, marqué par une concurrence accrue et de nouveaux acteurs disruptifs. Ces difficultés, accentuées par le Covid et les conflits internationaux successifs, n’ont eu de cesse de fragiliser notre organisation restée trop longtemps figée.

Le contexte que nous traversons n’est pas seulement conjoncturel. Il est profond et sera durable. Il nous oblige à faire des choix lucides. Nous ne pouvons pas continuer en espérant renouer miraculeusement avec la rentabilité. Ce serait mentir à nos collaborateurs, à nos clients et à tout notre écosystème.

Pour autant, une fermeture pure et simple serait un renoncement. Renoncer, après tant d’années d’engagement et de réussites collectives, nous est tout simplement inconcevable. Ce serait trahir l’énergie, la détermination et l’esprit volontariste qui font l’ADN de nos équipes. Flauraud, c’est une histoire, des savoir-faire, des femmes et des hommes qui ont fait leurs preuves et qui méritent un avenir.

Nous n’avons qu’une option : nous adapter pour pouvoir perdurer.

C’est pourquoi nous faisons un choix difficile, mais responsable : celui de la transformation structurelle pour préserver l’essentiel.

Cette transformation passe aujourd’hui par la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Je sais ce que ces mots amènent inquiétude et consternation. Je ne les minimise pas. Mais je me dois d’être très clair : ce plan n’est pas une fin, c’est un moyen. Le moyen de sauvegarder le plus grand nombre d’emplois possible et de redonner à l’entreprise les conditions de sa compétitivité. Le seul moyen de continuer à écrire l’histoire de Flauraud.

Nous allons accompagner chaque collaborateur concerné avec sérieux, respect et responsabilité. Aucun parcours ne sera laissé de côté. Nous sommes pleinement conscients que, derrière chaque poste, il y a une vie, une famille, un engagement que nous reconnaissons pleinement.

Et c’est précisément pour préserver ce qui peut l’être que nous agissons dès aujourd’hui pour aspirer à un nouvel horizon. Nous recentrons nos activités, nous renforçons nos expertises clés et nous préparons les marchés de demain. Ce que nous construisons, c’est une entreprise plus solide, plus agile, capable de résister et de rebondir.

Les choix qui s’annoncent pour les prochains mois sont délicats et éprouvants.

Mais je suis convaincu d’une chose : nous avons les ressources, les compétences et l’énergie pour traverser cette période et en sortir plus forts.

Nous sommes à un tournant décisif de l’histoire de Flauraud.

A nous de le transformer en élan, pour bâtir la suite et l’inscrire durablement dans l’avenir. ».

 


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Pierre-Edouard Laigo

Directeur et Rédacteur en Chef

Communicant qui aime marier des entreprises de la région


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