25ème édition du Concours Talents des Cités : Entrepreneurs, déposez votre candidature !

La 25ᵉ édition du concours Talents des Cités est lancée ! Créé en 2002 à l’initiative du ministère de la Ville et du Logement et de la Caisse des Dépôts, et aujourd’hui piloté par Bpifrance dans le cadre du programme Entrepreneuriat Quartiers 2030, il s’est imposé comme un dispositif majeur de la valorisation des initiatives entrepreneuriales issues des quartiers. Cette nouvelle édition mettra une nouvelle fois à l’honneur une trentaine de créatrices et créateurs d’entreprise particulièrement engagés, à l’échelle régionale et nationale. Vous pouvez déposer votre candidature avant le 30 juin.

Une logique de cohésion sociale

L’histoire de la politique de la ville en France est celle d’une lutte constante contre la fragmentation du territoire. C’est un mille-feuille administratif et social qui a évolué au gré des crises urbaines, passant d’une logique de « réparation » des bâtiments à une logique de « cohésion » sociale.

Après la Seconde Guerre mondiale, la France doit loger massivement et vite. On construit les « grands ensembles » en périphérie des villes. Le rêve initial était de donner du confort moderne (eau courante, électricité) pour les ouvriers et la classe moyenne.

Dès les années 70, le choc pétrolier et la désindustrialisation frappent ces quartiers. Les populations les plus aisées partent, laissant place à une précarisation croissante. En 1981, les émeutes des Minguettes (Vénissieux) marquent les esprits. Le gouvernement réalise que le bâti n’est pas le seul problème : il faut une politique sociale spécifique.

Durant cette période, l’État crée de nombreux dispositifs pour cibler les zones en difficulté. C’est l’époque des zonages complexes et de la « soupe aux sigles » : ZUS, ZRU, ZFU… comme Zones Urbaines Sensibles, puis Zones de Redynamisation Urbaine, et enfin les Zones Franches Urbaines : Des quartiers où les entreprises bénéficiaient d’exonérations fiscales pour stimuler l’emploi… C’était précis, mais devenu illisible avec le temps. On comptait plus de 750 ZUS et des critères de sélection parfois flous ou politiques.

Face à la complexité des anciens zonages, la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine (dite « Loi Lamy ») simplifie tout en 2014. Fini les critères subjectifs. Pour être classé en QPV, un quartier doit désormais répondre à un seul indicateur objectif : la concentration de pauvreté.

On compare le revenu des habitants du quartier au revenu médian national et local. Si le décrochage est trop fort, le quartier est classé.

Rétablir l'égalité républicaine

En 2024, une mise à jour majeure de la carte des quartiers a été effectuée pour coller à la réalité démographique et sociale actuelle. Il y a environ 1 500 quartiers en France métropolitaine et Outre-mer, ce qui correspond à plus de 5 millions d’habitants, et qui sont gérés par un « contrat de ville » signé entre l’État, les mairies et les métropoles, et avec, comme outils, l’ANRU (rénovation urbaine), les cités éducatives, et les dispositifs d’insertion par l’emploi.

Bien que le sigle QPV soit purement administratif, il est le levier qui permet de débloquer des moyens supplémentaires (écoles avec moins d’élèves, subventions aux associations, exonérations pour les commerces) pour tenter de rétablir l’égalité républicaine.

C’est un peu comme un traitement ciblé pour une zone qui souffre d’un « rhume économique » persistant : on injecte des vitamines (budgets) là où le corps social est le plus fragile.

Cité, quartier, les mots changent de sens

Si ces deux mots désignent des espaces géographiques, ils ne portent pas du tout la même charge symbolique, ni la même histoire. On passe d’un terme qui divise l’espace (quartier) à un terme qui définit une communauté ou un mode de vie (cité).

Le mot « quartier » vient du latin quartarius, la quatrième partie. Historiquement, c’était la division administrative d’une ville (souvent découpée en quatre). Dans son sens technique, c’est une portion de ville qui possède une identité propre (historique, architecturale ou sociale). On parle du « Quartier Latin » ou d’un « quartier pavillonnaire ». Sa connotation est positive, le quartier évoque la proximité, le boulanger du coin, la vie de voisinage. Puis, pour l’administration, c’est le terme choisi par l’État (QPV) qui préfère « quartier » car c’est un mot qui inclut, qui fait partie de la ville globale sans la couper du reste.

De son côté, le mot « cité » vient de civitas, qui désignait autrefois l’ensemble des citoyens et leur organisation. Son sens a radicalement glissé au fil des siècles. Au départ, c’est le cœur historique (la « Cité » à Paris) ou un projet idéaliste (les « cités-jardins » du début du XXe siècle). À partir des années 50-60, la « cité » désigne les grands ensembles de logements sociaux construits d’un seul tenant. On parle de la « Cité des 4000 » à La Courneuve, par exemple. Sa connotation est devenue ambivalente : de l’extérieur elle est souvent associée au béton, à l’enclavement et aux problèmes sociaux, et pour ceux qui y vivent, elle peut être un marqueur d’appartenance fort (« ma cité »), un lieu de solidarité face à l’exclusion.

Aujourd’hui, quand on parle de « politique de la ville », on essaie justement de transformer les « cités » (en tant qu’espaces isolés et bétonnés) en « quartiers » (en tant qu’espaces ouverts, mixtes et reliés au reste de la ville). On casse les tours pour recréer des rues, on installe des commerces et des services publics pour que la « cité » ne soit plus un isolat.

Dire « J’habite dans un beau quartier » sonne comme un compliment ; dire « Je viens de la cité » sonne souvent comme une déclaration d’identité… ou un défi lancé à la société.

Un concours pour encourager l’entrepreneuriat

Le concours Talents des Cités distingue les entrepreneurs à travers deux catégories de prix : la catégorie « jeune pousse » pour les entrepreneurs en activité immatriculés depuis moins d’un an, et la catégorie « création », pour ceux immatriculés depuis plus longtemps.

28 lauréats régionaux seront sélectionnés par les jurys régionaux pour concourir au niveau national, et, en décembre, 8 entrepreneurs seront primés lauréats nationaux Talents des Cités.

Les lauréats régionaux reçoivent une dotation financière de 2 000 € pour la catégorie Création et de 1 000 € pour la catégorie Jeune Pousse. Les lauréats nationaux bénéficient quant à eux de dotations pouvant atteindre 7 000 €, attribuées par les partenaires du concours, ou d’une campagne de visibilité média. Ils bénéficient également d’un coaching en prise de parole, animé par le Club XXIe siècle.

Nouveau Prix – Club du XXIe siècle. Dans le cadre de son engagement renouvelé au Concours et pour les 25 ans, le Club XXIe Siècle annonce une dotation financière de 3 000 euros, en complément de l’accompagnement au pitch proposé aux 14 lauréats présélectionnés pour le jury national.

Les candidats du concours Talents des Cités peuvent accéder au dispositif Fast Track to Cash, un service dédié aux entrepreneurs des quartiers mis en place par Bpifrance pour faciliter l’accès au financement. Pour en savoir plus, c’est ICI 

Pour candidater il faut résider ou installer une entreprise en QVP et être suivi par un organisme d’accompagnement ou de financement à la création d’entreprise. Pour vérifier son éligibilité au concours, il suffit de vérifier son adresse sur le site https://entrepreneuriat-quartiers-2030.fr/

Les candidats sont évalués sur leur parcours, leur motivation, leur profil entrepreneurial et bien sûr à l’aune de leur viabilité économique et de l’impact de leur activité sur le quartier (créations d’emplois et de lien social). Une attention particulière sera portée sur la parité afin de favoriser l’engagement des femmes dans cette démarche entrepreneuriale.

Il faut candidater avant le 30 juin 2026 sur la plateforme https://talents-des-cites.wiin.io/fr/

 


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Pierre-Edouard Laigo

Directeur et Rédacteur en Chef

Communicant qui aime marier des entreprises de la région


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  • Le guichet MaPrimeRénov’ a officiellement rouvert ce 23 février après plusieurs semaines de suspension
  • l’Allier et le Puy-de-Dôme unissent leurs forces pour créer une réponse inédite aux situations les plus complexes pour la protection de l’enfance : la création d’un nouvel établissement médico-social de 24 places.