Situation économique des entreprises du Puy-de-Dôme, par la Banque de France et la CCI

Jeudi 12 février, les représentants des différentes instances économiques du Puy-de-Dôme étaient réunis, à la CCI du Puy-de-Dôme, pour découvrir les chiffres de la Banque de France et les résultats de l’enquête de la CCI sur les ressentis des entreprises… En quelque sorte la mise en perspective des données du thermomètre et de celles du baromètre pour lever le brouillard économique. On ne peut évidemment pas faire l’impasse sur la morosité qui a accompagné la situation économique du pays. Mais quelques éléments peuvent laisser espérer une année 2026 en amélioration.

L’étude menée par la Banque de France auprès de 4350 entreprises en Auvergne-Rhône-Alpes

Auprès de 4 350 entreprises et établissements de la région, l’économie régionale s’est révélée peu dynamique en 2025. Le chiffre d’affaires a très légèrement progressé dans les services marchands (+2 %), s’est stabilisé dans l’industrie et a reculé dans la construction (-1 %). Les volumes d’activité se sont à nouveau repliés dans les 3 grands secteurs (-1 % dans l’industrie, -1 % dans les services marchands et -2 % dans la construction), mais à un rythme moindre que l’an dernier.

Les hausses de prix sont restées modérées. Si les marges des entreprises semblent s’être consolidées dans les services, elles ont été mises sous tension dans l’industrie et dans la construction. Dans un contexte empreint de nombreuses incertitudes, les dépenses d’investissement ont diminué dans les 3 secteurs, pour la deuxième année consécutive, après les budgets élevés engagés au cours des années précédentes. Pour 2026, les anticipations des chefs d’entreprise sont favorables et tablent sur une reprise d’activité en volume dans les 3 secteurs

Ralentissement de l’activité industrielle

Le ralentissement de l’activité industrielle, observé depuis fin 2023, s’est poursuivi en 2025, à un rythme moins fort qu’en 2024, et s’est progressivement atténué sur la fin d’année. Le chiffre d’affaires annuel s’est stabilisé au global (+0,1 %) comme à l’export (+0,3 %). Mesurée en volume, la production industrielle a reculé de 1 %. L’effet volume a été négatif dans la plupart des secteurs. Les replis les plus forts concernent le textile-habillement-cuir (-5 %) et les fabrications de produits en caoutchouc-plastiques (-5 %), seule l’industrie agroalimentaire a conservé un effet volume positif sur l’année (+2 %).

Les services marchands stagnent

Dans les services marchands, le chiffre d’affaires a progressé (+2 %), avec un effet volume très légèrement négatif (- 1 %). Les volumes d’activité ont sensiblement diminué dans l’hébergement-restauration (-2 %) et le transport-entreposage (-2 %), tandis qu’ils ont progressé dans les activités informatiques (+2%) et l’ingénierie-études techniques (+1 %).

La construction sauvée par les travaux publics

Dans le secteur de la construction, la production s’est légèrement repliée (-1 %) avec des évolutions différenciées. La production a conservé une tendance favorable dans les Travaux Publics, avec une hausse en valeur (+1 %) et une stabilisation en volume. En revanche, les courants d’affaires ont continué de se contracter en volume tant dans le gros œuvre (-4 %) et le second œuvre (-3 %), comme en valeur (avec respectivement -3 % et -2 %).

Les points négatifs

Au niveau national, l’évolution et le niveau de la dette publique placent la France en situation de déphasage avec la zone EURO, la croissance prévue pour 2025-2027 reste modérée autour de 1% (alors qu’il faudrait le double pour vraiment stabiliser la situation sans coupes drastiques dans les services publics NDLR). Le problème est que le niveau de prélèvements obligatoires de la France (43%) est supérieur au niveau moyen de la zone EURO (39%), et que le taux d’épargne élevé pénalise la consommation et la croissance sans financer l’investissement porteur de croissance.

Dans la région AuRA, la réduction des marges est très marquée dans la construction et marquée dans l’industrie. On constate une baisse générale des investissements dans les trois grands secteurs d’activité (industrie, services marchands et construction). D’ailleurs les difficultés marquées de la construction (gros œuvre et second œuvre) tranchent avec la progression constatée dans les activités de travaux publics.

Après le Covid, les défaillances d’entreprises ont beaucoup augmenté.

Les possibilités pour l’avenir

L’inflation de la zone EURO est inférieure à 2% et la France connaît une des inflations les plus basses de la zone EURO (0,7%) ce qui est un atout compétitif. Les taux BCE qui sont inchangés donnent de la visibilité aux acteurs économiques.

La parité Euro/Dollar est au même niveau moyen sur 27 ans (1,2$ pour 1€) mais reste sous surveillance pour éviter une déflation importée liée au dollar et un manque de compétitivité à l’export pouvant pénaliser la croissance.

L’emploi salarié progresse en nombre et le taux de chômage reste plutôt bas malgré sa remontée, et le pouvoir d’achat progresse car les salaires croissent plus que l’inflation.

En AuRA les services marchands ont connu une bonne activité en 2025, ce qui est un bon signe étant donnée leur forte présence dans le tissu entrepreneurial.

Les dirigeants de l’ensemble des secteurs anticipent une année bien meilleure en 2026, avec de nouveaux investissements à venir (exception faite du secteur de la construction, qui reste contraint par les réductions de marge depuis deux ans).

Le taux de crédit s’est stabilisé autour des 3,1%

Le baromètre économique de la CCI63

Dans son enquête pour prendre le pouls de l’économie puydomoise, diligentée en début d’année, 510 entreprises ont répondu à la CCI63. Les résultats sont du déclaratif et des opinions.

Tout professionnel de la communication sait que ce n’est pas ce qu’on dit qui a de l’importance, c’est l’interprétation de ce qu’on dit. De la même manière que les faits ne sont pas importants, c’est leur interprétation qui revêt un caractère primordial.

Ainsi un ressenti peut avoir une influence favorable ou non pour aborder l’avenir avec sérénité… les chiffres sont une indication, l’opinion en est une autre.

A la question sur l’évolution du chiffre d’affaires, près de la moitié des répondants (48%) estime qu’il est en baisse, 30% évoquent une hausse et 22 % le trouvent stable. Et pour l’avenir, selon leur provisionnel, 10% l’imaginent en hausse, 36% dans la stabilité, 40% en baisse et 14% ne se prononcent pas… c’est l’effet brouillard.

1 entreprise sur 4 a vu ses effectifs en baisse en 2025, et 60% pensent qu’ils vont rester stables dans les 6 prochains mois.

Sur la question des investissements, ce sont surtout les entreprises de plus de 20 salariés qui ont concrétisé les investissements programmés (66%). Seuls 9% des répondants prévoient d’augmenter leurs investissements en 2026.

Plus de la moitié des entreprises rencontrent des difficultés de trésorerie, et cela devrait perdurer.

La situation économique actuelle inquiète les entreprises du Puy-de-Dôme, le plus souvent la cause est à chercher dans le contexte politique, mais la résilience viendra certainement grâce à la qualité des clients.

Nous ne serons pas étonnés de constater que, parmi les freins au développement de l’activité, la complexité et l’instabilité règlementaire arrivent sur le podium.

Simplifier, stabiliser, investir : les 3 urgences pour 2026 !

« L’économie française a traversé 2025 dans un état de croissance molle : assez pour éviter la récession, trop peu pour relancer pleinement l’investissement et l’emploi. Les entreprises ont bénéficié d’un contexte de désinflation et de quelques mesures favorables, mais l’incertitude politique, l’instabilité budgétaire prolongée et les tensions internationales ont freiné l’élan nécessaire à une reprise solide.

Dans le Puy‑de‑Dôme, les résultats de notre enquête illustrent parfaitement cette situation. L’activité demeure fragile, particulièrement dans le commerce et les services. L’investissement recule, l’emploi se stabilise faute de perspectives claires, et les trésoreries se tendent, notamment dans les plus petites structures. Autant d’éléments qui pèsent sur le moral des chefs d’entreprise, dont plus de 2 sur 3 s’inquiètent de la situation actuelle.

À ces difficultés conjoncturelles s’ajoute un frein structurel devenu central : la complexité réglementaire. Les dirigeants dénoncent des démarches longues, coûteuses, changeantes, qui absorbent du temps et de l’énergie au détriment du développement de leur entreprise. La simplification annoncée par le gouvernement est très attendue, mais les entreprises veulent des résultats concrets, pas des promesses.

Face à ce tableau, trois urgences se dessinent pour 2026 : simplifier, stabiliser, investir.

Simplifier pour libérer du temps et des marges de manœuvre.

Stabiliser pour restaurer la confiance et permettre des décisions à moyen terme.

Investir pour préparer les transitions, renforcer la compétitivité et éviter un décrochage durable.

Le territoire dispose d’atouts, d’entreprises résilientes aux capacités d’adaptation reconnues. Mais pour transformer cette force en dynamique, l’action publique devra être à la hauteur des enjeux. C’est dans cette articulation entre agilité entrepreneuriale et soutien institutionnel que se jouera la trajectoire économique du Puy‑de‑Dôme en 2026. »

La CCI du Puy-de-Dôme préconise de simplifier, stabiliser et d’investir, mais à qui s’adresse cette trilogie de solutions ?

 

Dans mon enfance, un chant scout évoquait l’espérance comme un trésor à chérir. « Même le plus noir nuage a toujours sa frange d’or ». Alors gardons nous dans l’action et dans l’espérance.

 


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Pierre-Edouard Laigo

Directeur et Rédacteur en Chef

Communicant qui aime marier des entreprises de la région


En BREF
  • Joël ARNAUD élu Président de Jacquet Brossard et Vice-Président de Limagrain, qui reçoit, le 5 février, la ministre Annie Genevard
  • Le 11 février, le Pôle Enfance Jeunesse de la communauté de communes Entre Dore et Allier, sera inauguré à Lezoux
  • Romain Bardet devient le nouvel ambassadeur
    stratégique du Gravel Michelin… une union entre deux Auvergnats
  • Le 13 février, le journaliste Jean-Paul Kauffmann sera en dédicace à la maison Albert-Londres
  • Orange annonce que 7 communes du Puy-de-Dôme et 2 communes de la Haute-Loire viennent de passer au 100% très haut débit… Bye bye le cuivre… Nous verrons progressivement les autres communes y passer.