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Le courrier des entreprises

François Asselin, président de la CPME « Laissez-nous faire notre travail »

Le 6 mars, Lors de l’assemblée générale de la CPME Puy-de-Dôme, Jean-Philippe Paillon, son président départemental, avait invité le président national François Asselin pour un échange avec les adhérents. L’occasion était belle de partager un moment avec celui qui a la charge de représenter les PME auprès des instances nationales. Étonnamment seulement une quarantaine d’adhérents sur les 650 que compte la CPME63 avait fait le déplacement jusqu’aux salons de l’aéroport Clermont-Ferrand Auvergne.  

Qu’a-t-on fait pour mériter autant de contraintes ?

Le président national de la CPME se pose la question. Il rappelle qu’ «  Un patron de PME est sur le terrain » que c’est un «  risque-tout emmerdé par les risque-rien » Dans notre société il y a  « Les diseux et les faiseux : les diseux font la norme mais n’auront jamais à se l’appliquer, les faiseux essayent de faire leur travail le mieux possible malgré les normes » « quand une entreprise est en difficulté, la personne même du chef d’entreprise est secouée » « Le chef d’entreprise est sous la menace d’un arsenal juridique et pénal » « Il se pose la question d’aller installer son entreprise, en Europe ou ailleurs, là où il est le moins emmerdé »

La notation extra-financière : une catastrophe annoncée

Les agences de notation traditionnelles évaluent la solvabilité d’un agent économique. La notation extra-financière se concentre sur des critères autres qu’économiques pour évaluer les comportements environnementaux ou sociaux des entreprises.

Comme le dit le ministère de la transition écologique : « ce document sert à communiquer sur les implications sociales, environnementales, sociétales de ses activités ainsi que sur son mode de gouvernance »

Certes ce reporting extra-financier demandé aux entreprises de plus de 500 salariés sert à mesurer leurs efforts en matière de stratégie RSE, mais les agences de notation sollicitent très souvent les parties prenantes (fournisseurs, clients, etc). Les qualités de leurs fournisseurs et de leurs clients entrent dans cette cotation. Ainsi un établissement bancaire pourra-t-il encore prêter à une entreprise faible en RSE ? Les entreprises vont devoir faire la chasse à la vertu auprès de leurs fournisseurs et de leurs clients.

François Asselin résume : « Pas d’écologie punitive, il ne faut pas foutre en l’air l’économie » Le 27 septembre sur BFM il se demandait « Une banque veut-elle financer les investissements non productifs d’une PME ».

Deux critiques reviennent fréquemment sur la notation extra-financière. La première est qu’il n’existe pas de référentiel commun à toutes les agences de notation extra-financière. Elles s’appuient généralement sur des recommandations de l’ONU, de l’OCDE ou encore de l’Union Européenne. Ainsi, la note attribuée aux entreprises peut fortement varier en fonction de l’agence choisie, ce qui remet en question la fiabilité de ces évaluations.

La seconde critique est le manque de transparence. Beaucoup de clients se plaignent du manque de dialogue avec l’agence et du peu d’informations communiquées. Obtenir une note est une chose ; la comprendre en est une autre.

La CPME prône l’utilisation du « Test PME »

Le Test PME propose qu’avant tout projet, une commission se réunisse pour se poser la question « ce projet va-t-il impacter positivement ou négativement les PME ? » ensuite une expérimentation est mise en place pour le tester. L’objectif est de consulter pour mieux réglementer. Cette mesure a été acceptée par Elisabeth Borne en novembre dernier.

François Asselin propose « Pourquoi ne pas s’appuyer sur une société de la confiance plutôt que la défiance ? »

Quelques questions des adhérents

Pourquoi ne pas avoir suivi les agriculteurs ?

FA : « Parce que si on s’implique il faut contenter tout le monde ? Nous sommes un corps intermédiaire et notre rôle est de pousser pour la simplification administrative. »

Comment se porte l’emploi ?

« Quand on regarde les statistiques liées à l’emploi, le nombre de nouveaux emplois augmentent beaucoup dans les collectivités mais baissent dans le secteur marchand. Il faut se poser la question « qui crée de la richesse ? » Il faut en profondeur réformer le secteur public pour à la fois économiser et améliorer son fonctionnement. »

Sur la question de la prime de valeur

« Il est bon d’encourager ses salariés sans que cela ne coûte cher ni au chef d’entreprise, ni au salarié. On ne comprendrait pas qu’une entreprise qui fait des bons résultats pendant trois ans ne reverse pas une partie à ses collaborateurs.

Pour les entrepreneurs individuels il est important de protéger son patrimoine mais la loi fait le contraire en raison de la confusion entre patrimoine de l’entreprise et celui de son responsable. Ses cotisations sociales n’appartiennent pas à la personne morale »

Sur la question de « combien coûtent les normes à l’entreprise ?» François Asselin se pose l’autre question : « combien de chefs d‘entreprises siègent à l’Assemblée Nationale et au Sénat ? »

Question complémentaire du Courrier des Entreprises à François Asselin : « Comment se positionne la CPME concernant l’obligation qui est faite aux bénéficiaires du RSA de justifier 15 heures d’activité hebdomadaire ? (Lire notre article sur le sujet )

La réponse de François Asselin est sans équivoque : « Nous y sommes très favorables : il est important que les personnes au RSA puissent raccrocher à l’emploi, il est préférable de le mettre au travail plutôt que de le laisser chez lui. Nous aurions dû, dès l’origine du RSA, faire en sorte que cela se passe comme ça. Nous avons simplement besoin de quelqu’un qui a envie de travailler, le reste on va s’en occuper. Mais il faut qu’il y ait un tuteur extérieur à l’entreprise pour le préparer à l’emploi. C’est un facteur de réussite. »

Jean-Philippe Paillon confirme « Nous sommes des optimistes-nés, et nous n’attendons que ça : nous allons tout mettre en œuvre pour aider ces gens à raccrocher, et si cela ne fonctionne pas, au moins nous auront fait notre job »

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Pierre-Edouard Laigo

Rédacteur en Chef
pierre-edouard.laigo@lecourrierdesentreprises.fr
port. 06 59 056 026

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