Eaux de Volvic : La transparence
30/06/2026Hier, lundi 29 juin, tous les médias étaient invités pour une balade bucolique à partir du magnifique parc de la source Volvic, et rejoindre un ancien champ de bataille industriel. En effet, en mars 2022, la Ligue pour la Protection des Oiseaux avait alerté la société des Eaux de Volvic de la présence de déchets anciens sur la Réserve Naturelle Régionale des Cheires, dont elle a la gestion. L’industriel a diligenté depuis, avec précaution, toutes les étapes de réhabilitation pour que la nature reprenne ses droits. Parce que la transparence n’est pas recherchée que dans la clarté de l’eau minérale…
Les années 60 : l’insouciance
Dans les années 1960, la France est en plein cœur des Trente Glorieuses. C’est l’époque de l’avènement de la consommation de masse, du triomphe du plastique et de la culture du « jetable ». À cette époque, le « développement durable » n’est pas un concept ignoré, il n’existe tout simplement pas.
Avec notre regard actuel, certaines pratiques de cette décennie semblent totalement aberrantes, voire carrément choquantes.
Dans les années 60, il n’existait aucune loi nationale encadrant la gestion ou l’enfouissement des déchets (la première grande loi-cadre ne viendra qu’en 1975). Chaque commune gérait ses poubelles comme elle le souhaitait. En pratique, cela se traduisait par des milliers de décharges à ciel ouvert, souvent situées à la sortie des villages, en lisière de forêt ou au fond d’un vallon. Tout y était jeté en vrac : restes alimentaires, gravats, vieux appareils, plastiques et produits chimiques, sans aucune étanchéité pour protéger les nappes phréatiques.
Brûler ses déchets ménagers (y compris les tout premiers plastiques et polymères) au fond de son jardin était d’une banalité absolue, et puisque les stations d’épuration étaient encore rares et rudimentaires, l’eau courante servait souvent de convoyeur de pollution.
C’est le grand paradoxe de cette époque. Avant les années 60, les Français étaient naturellement plutôt éco-responsables par économie (réparation, consignes de verre systématiques, emballages en papier). Mais les années 60 ont activement éduqué les consommateurs à devenir des pollueurs.
La publicité célébrait le plastique comme un matériau miracle et incitait au « jetable » (stylos, rasoirs, assiettes, et les célèbres bouteilles d’huile ou de lait en PVC standardisé). Jeter plutôt que laver ou réparer était alors le symbole ultime de la modernité et de l’émancipation domestique. Le tri était de la pure science-fiction. De toute façon, en 1960, un Français produisait environ 260 kg de déchets par an. Ce chiffre a presque doublé aujourd’hui. Les années 60 n’étaient pas choquantes par la quantité absolue de déchets produits (bien inférieure à la nôtre), mais par l’inconscience totale et institutionnalisée des impacts à long terme de ces nouveaux matériaux chimiques et plastiques sur la planète.
Un chantier inversé de 4 ans
« En mars 2022, la LPO AuRA, gestionnaire de la Réserve Naturelle Régionale des Cheires et Grottes de Volvic, a alerté la SEV de la présence de déchets anciens sur un hectare de terrain dont elle est propriétaire. Ces déchets, antérieurs à la présence du Groupe Danone sur le site, étaient enfouis sous des plantations d’arbres exotiques et correspondaient majoritairement à du verre et du plastique (PVC).
La qualité de l’eau minérale naturelle Volvic, captée entre 50 et 100 mètres de profondeur, ainsi que celle des cours d’eau n’a jamais été affectée. Neuf campagnes de surveillance des eaux et trois campagnes de suivi des sédiments, menées par les laboratoires agréés CARSO et Eurofins, ont confirmé le respect des valeurs de référence tout au long du projet. L’ensemble des analyses a toujours attesté de la conformité des eaux aux exigences de qualité. »
La précaution est le mot d’ordre, il faut prendre le temps nécessaire et réunir autour de soi les meilleurs experts, pour respecter la biodiversité et avoir le soutien des services de l’Etat et de la Région.
La première étape : un scanner de la zone concernée, environ un hectare, pour réaliser les premières investigations et évaluer la nature ainsi que la quantité de déchets. Les outils modernes ont ainsi permis d’établir une véritable cartographie du sous-sol.
Ensuite il a fallu extraire quelques 25 000 m3 de déchets et de terres, en choisissant les périodes de chantier en fonction de la faune locale, pour minimiser l’impact de l’enlèvement.
Ce plan de réhabilitation volontaire a représenté un investissement de près de dix millions d’euros, pour laisser la nature se régénérer. Ce chantier concerté peut faire école dans sa méthodologie, pour les besoins futurs. Maintenant le site va faire l’objet d’une surveillance sur les 20 prochaines années.
« La LPO se félicite de l’aboutissement de ce projet concerté pendant plusieurs années au bénéfice de la Réserve Naturelle Régionale des Cheires et Grottes de Volvic et de son écosystème. En tant que gestionnaire de la réserve naturelle régionale depuis 2014, la LPO AuRA a joué un rôle d’accompagnement technique dans l’élaboration et la mise en œuvre de ces travaux de restauration. Nous avons veillé à la bonne prise en compte de la biodiversité et au respect de la réglementation de la réserve tout au long du chantier. », indique Gaëlle Giraud, Conservatrice de la Réserve Naturelle Régionale des Cheires et Grottes de Volvic.
« La concrétisation complète de ce plan de réhabilitation volontaire démontre la capacité de la SEV à agir de manière responsable et transparente, en étroite collaboration avec l’ensemble des acteurs locaux. Ce projet s’inscrit pleinement dans notre engagement historique en faveur de la préservation de la ressource en eau, de la biodiversité et du territoire. Nous sommes fiers d’avoir mené collectivement cette restauration exemplaire au bénéfice de l’environnement et des générations futures. » déclare Emmanuel Gerardin, Directeur de la Société des Eaux de Volvic.
(Photos SEV)
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