Connaissez-vous Frogans ? la technologie pour l’informatique spatialisée
16/06/2026Les grands de la tech, on pense évidement à Apple, Meta, Google ou Microsoft, investissent massivement dans des environnements où le numérique quittera progressivement les écrans pour s’intégrer directement à notre environnement. L’arrivée des lunettes connectées crée un univers de réalité mixte, entre monde réel et objets virtuels. La technologie Frogans, que certains voient comme une rupture comparable à l’arrivée du Web ou du smartphone, est une solution française pour l’informatique spatialisée… vous allez vous prendre pour Tom Cruise dans « Minority report ».
Frogans, quézaco ?
Le nom Frogans n’est pas un acronyme technique (comme HTML ou URL), mais un néologisme complet. Il a été inventé par les créateurs français de la technologie, Alexis Tamas et Amaury Grimbert, lorsqu’ils ont commencé à développer le projet au début des années 2000. Il est composé de « Frog », le surnom de grenouille que nous donnent les anglo-saxons et du suffixe «-ans », comme dans « Martians ».
L’idée centrale était de rompre avec la navigation web classique, où l’on clique de lien en lien pour « surfer » sur une toile. Avec cette nouvelle technologie, l’utilisateur passe d’une page (appelée une slide) à une autre de manière instantanée, comme une grenouille qui saute de nénuphar en nénuphar.
Cette métaphore du saut est d’ailleurs profondément ancrée dans l’identité technique du projet : le logiciel qui permet de naviguer et d’ouvrir ces sites ne s’appelle pas un « navigateur » (browser), mais le Frogans Player.
Notre confrère Monde Numérique a échangé avec Alexis Tamas, qui veut réinventer le Web
Quels sont les avantages de la technologie Frogans ?
Vous l’avez compris, la technologie Frogans est une alternative ou un complément au Web traditionnel, conçue pour introduire un nouveau type de réseau sur Internet. Elle repose sur le concept de Frogans Sites, qui ne sont ni des sites web classiques, ni des applications mobiles, mais un format intermédiaire.
Contrairement aux sites web qui peuvent être lourds ou complexes, les sites Frogans se concentrent sur des contenus épurés, souvent sous forme de petites interfaces graphiques (similaires à des widgets ou des applications de bureau compactes). Un site Frogans s’affiche de manière strictement identique quel que soit l’écran ou le système d’exploitation (Windows, macOS, Linux, iOS, Android), sans nécessiter de développements spécifiques pour chaque plateforme.
Les sites Frogans utilisent un langage XML spécifique très léger. Le chargement des pages (appelées « slides ») est extrêmement rapide et consomme très peu de données, ce qui est un atout majeur pour les connexions limitées.
Quand on parle de sécurité, l’architecture Frogans est conçue pour réduire drastiquement les risques de piratage, de phishing ou d’exécution de scripts malveillants, car elle n’utilise pas le code HTML/JavaScript traditionnel, souvent exploité pour des failles de sécurité. De plus, le modèle met l’accent sur la protection de la vie privée des utilisateurs, en limitant le traçage abusif souvent présent sur le Web classique.
Un autre intérêt est la structure simplifiée du nom : Au lieu des URL classiques qui commencent par https:// , la technologie utilise des adresses au format Réseau-Nom*Site, qui peuvent être écrites dans de nombreuses langues et alphabets (cyrillique, arabe, chinois, etc.), facilitant l’accès Internet pour les populations non anglophones. Pour les entreprises, cela permet de sécuriser des noms de marque sur un tout nouveau réseau, avant qu’ils ne soient saturés comme c’est le cas sur les extensions .com ou .fr
Les développeurs y voient une facilité de développement à un coût réduit, car la création d’un site Frogans ne nécessite pas la maîtrise de frameworks web complexes. Le langage FSDL (Frogans Slide Description Language) est relativement simple à apprendre pour les designers et développeurs et en raison de la légèreté des fichiers, l’hébergement et la bande passante requis sont minimes.
L’intérêt majeur de Frogans est de proposer un espace Internet parallèle, plus sûr, plus rapide et plus équitable, où la navigation se fait de manière plus intuitive, notamment sur mobile. C’est une brique supplémentaire pour notre mur de souveraineté numérique à construire.
Le marché des lunettes connectées
Le marché des lunettes connectées (smart glasses) connaît une accélération sans précédent, portée par l’intégration massive de l’intelligence artificielle contextuelle et de la réalité augmentée. Le secteur a pivoté : on ne cherche plus à concevoir de lourds casques de réalité mixte, mais des montures quotidiennes et légères, pesant souvent moins de 50 grammes.
Le marché mondial des lunettes connectées grand public et professionnelles est estimé à environ 3,2 milliards de dollars, avec des projections de croissance exponentielle qui prévoient de dépasser les 14 milliards de dollars d’ici 2033 (soit un taux de croissance annuel moyen de plus de 24 %).
Si l’on y ajoute les applications industrielles lourdes et les technologies de verres actifs complexes, l’écosystème global pèse encore plus lourd.
Ce que beaucoup considèrent comme un gadget aujourd’hui deviendra incontournable demain.
Les lunettes deviennent le « corps physique » des assistants d’intelligence artificielle. Grâce aux caméras et micros connectés à des modèles comme Gemini ou Meta AI, les lunettes analysent ce que l’utilisateur regarde, avec traduction instantanée de panneaux ou d’un interlocuteur, description d’objets, assistance vocale contextuelle (ex: « Qu’est-ce que je regarde et quelle est l’histoire de ce monument ? »).
L’intégration de micro-écrans (Micro-LED ou technologies de guides d’ondes optiques ultra fins) et l’affichage d’instructions de navigation GPS en surimpression dans la rue, notifications, écrans virtuels de travail, ou guides de procédures pour les techniciens en usine en font des outils appréciables.
Malgré cet engouement, l’industrie se heurte encore à trois obstacles majeurs, comme l’autonomie, car loger une batterie dans des branches de lunettes sans les rendre épaisses reste un défi. L’utilisation active (caméra ou affichage) dépasse rarement quelques heures d’affilée, nécessitant l’usage d’étuis de recharge compacts. Ensuite les guides d’ondes optiques haut de gamme restent chers à produire, ce qui freine l’adoption massive des modèles avec écrans intégrés par le grand public. Enfin la présence de caméras embarquées dans l’espace public continue de soulever des questions de respect de la vie privée, forçant les constructeurs à intégrer des LED de signalisation très visibles lors des enregistrements.
Mais on peut constater que demain est déjà là… êtes-vous prêt ?
NB : le salon Vivatech commence demain, pour trois jours, Porte de Versailles à Paris. Vous pourrez y retrouver F2R2, qui réalisera des démonstrations de Frogans Player.
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