Loto du Patrimoine 2026 : Les 4 pépites auvergnates dévoilées
01/09/2026Comme l’écrivait André Malraux, « Quiconque veut lire l’avenir doit feuilleter le passé », et puisqu’il faut apporter des pierres pour restaurer notre patrimoine, le Courrier des Entreprises offre la sienne, comme chaque année, pour sensibiliser ses lecteurs à la sauvegarde de nos merveilles auvergnates. La Mission Patrimoine pour la sauvegarde du patrimoine en péril, portée par Stéphane Bern, déployée par la Fondation du patrimoine et soutenue par le ministère de la Culture et FDJ UNITED, a officiellement révélé la liste des 100 sites départementaux lauréats de l’édition 2026. Parmi cette sélection nationale mettant en lumière la richesse et la diversité culturelle française, quatre monuments auvergnats ont été retenus pour bénéficier du soutien financier de l’offre de jeux Mission Patrimoine.
écuries du château de Chassimpierre
03 – ALLIER : Le Château de Chassimpierre à Châtelperron
Niché au cœur du Bourbonnais, le Château de Chassimpierre illustre avec élégance l’architecture castrale et rurale de la région. Caractérisé par sa remarquable tour carrée à pans de bois et son corps de logis historique, l’ensemble nécessite d’importants travaux de stabilisation structurelle et de réfection des toitures afin de préserver son authenticité et d’assurer sa transmission aux générations futures.
« La sauvegarde du château de Chassimpierre, édifié avec ses dépendances au XVIIIème siècle au milieu d’un cadre exceptionnel de 70ha, constitue un projet culturel, pédagogique et territorial.
En péril avéré, le château, son écurie, l’orangerie ainsi que les bûchers doivent être rapidement mis hors d’eau et hors d’air. Par la suite, les nouveaux propriétaires, soutenus par une association, ont pour ambition de redonner vie à ce site en proposant des animations immersives autour de la vie rurale du XIXème siècle. »
15 – CANTAL : Le Château de Pesteils à Polminhac
Surplombant majestueusement la vallée de la Cère du haut de son éperon rocheux, le Château de Pesteils est une véritable sentinelle du Cantal. Fièrement dressé avec son donjon médiéval du XIVᵉ siècle haut de 40 mètres et ses décors peints intérieurs d’une grande valeur artistique, le site fait l’objet d’un programme prioritaire de restauration des maçonneries et couvertures pour contrer les dégradations causées par le climat de montagne.
« Le château de Pesteils constitue un remarquable témoignage de l’architecture seigneuriale cantalienne, illustrant plusieurs siècles d’évolution du bâti entre Moyen Âge, époque moderne et XIXe siècle.
Malheureusement, les murs de soutènement du site, perché à 750 mètres d’altitude, suscitent des préoccupations majeures en termes de stabilité de la terrasse d’accès au château.
Le nouveau propriétaire privé doit entreprendre de très importants travaux de maçonnerie sur les murs de soutien de la terrasse, des douves, des caves et des voutes afin que le site soit sécurisé. »
Abbatiale Saint-Chaffre
43 – HAUTE-LOIRE : L'Abbatiale Saint-Chaffre au Monastier-sur-Gazeille
Chef-d’œuvre de l’art roman en Velay, l’Église abbatiale Saint-Chaffre est l’un des joyaux architecturaux de la Haute-Loire. Célèbre pour sa façade polychrome sculptée et son passé monastique prestigieux, cet édifice nécessite une campagne de travaux ciblée pour sécuriser ses voûtes et restaurer ses parements extérieurs, consolidant ainsi son attractivité culturelle et touristique.
« Les diagnostics réalisés démontrent que cet édifice nécessite des travaux d’urgence de grande ampleur. La dernière campagne de travaux remonte en effet au début du XXème siècle, et des problèmes de stabilité et d’humidité risquent de provoquer, si rien n’est fait, des dégâts importants, voire irréparables : la façade se désolidarise du reste de l’édifice, le mur de soutènement du parvis est en train de se détacher. On constate la présence de nombreux fendards sur les contreforts et de fissures à plusieurs endroits. Les retables des chapelles rayonnantes ont été démontés en raison de l’humidité et de la présence de mérule. La toiture est en très mauvais état et l’eau ruisselle à l’intérieur à certains endroits lors d’épisodes pluvieux importants.
Lors de la première phase (il y en aura 2), il est prévu de traiter les abords de l’église (reprise du mur de soutènement et du parvis – comblement d’anciennes toilettes publiques situées sous le parvis afin de limiter les problèmes de stabilité). Il est prévu également de consolider la façade occidentale par coulinage gravitaire et insertion de tirants métalliques, cloutage ou tiges filetées. Les contreforts seront repris. Des pierres très dégradées seront aussi changées. Une cour anglaise sera aménagée autour du chevet afin d’assainir l’édifice. Les toitures seront reprises au niveau du transept, du chœur et du clocher. »
église Saint-Jean-Baptiste Esteil
63 – PUY-DE-DÔME : L'Église Saint-Jean-Baptiste à Esteil
Au cœur du Pays d’Issoire, la paisible commune d’Esteil abrite l’Église Saint-Jean-Baptiste, précieux témoignage d’un ancien prieuré d’ancelles affilié à la célèbre abbaye de Fontevraud. Cet édifice à l’architecture romane sobre et épurée requiert des interventions d’urgence sur la charpente, la couverture et l’étanchéité des murs afin d’enrayer les infiltrations d’eau et de préserver ce site patrimonial du Livradois-Forez.
« Porté par la mairie d’Esteil et l’association Esteil en Histoire, le projet est engagé pour la restauration générale de la chapelle St-Jean-Baptiste, unique vestige, roman, du prieuré des « Dames de Fontevraud » fondé en 1151, classée au titre des monuments historiques depuis 1922.
Le bâtiment souffre à l’extérieur des outrages du temps. L’intérieur est autant en souffrance puisque la nef a été coupée en deux après la révolution française. Un mur médian a été édifié, abritant une sacristie, scindant la nef en une partie cultuelle et une remise agricole. Le feu, propagé par la barbarie nazie le 14 aout 1944, a ravagé l’ensemble intérieur de cette partie ouest de l’édifice.
Il est essentiel de rendre à la chapelle son volume d’origine aux dimensions importantes : 30 mètres de long pour 15 mètres sous voûte, avec ses ogives et ses ouvertures retrouvées et à restaurer. »
Une dotation financière annoncée en fin d'année
Le montant des dotations accordées à chacun de ces quatre sites départementaux auvergnats sera dévoilé à la fin de l’année 2026, en fonction des recettes récoltées par les jeux de grattage et de tirage du Loto du Patrimoine. Ces financements viendront abonder les travaux de sauvegarde aux côtés du mécénat et des éventuelles subventions du ministère de la Culture.
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