L’hôtellerie, un secteur en mutation
26/08/2026Comme tous les secteurs économiques, l’hôtellerie doit tenir compte des aspirations de ses clients afin de leur proposer des offres adaptées. Elle est fortement concurrencée par les locations meublées de courte durée, l’hôtellerie de plein air et les résidences de tourisme et doit se réinventer. Analysons ensemble ce marché et découvrons ce qu’attendent vraiment les Français d’un séjour à l’hôtel en 2026.
Le marché hôtelier
Le marché de l’hôtellerie en France — pilier du premier pays touristique au monde avec plus de 100 millions de visiteurs internationaux par an — affiche un chiffre d’affaires supérieur à 22 milliards d’euros. Le secteur combine de fortes performances financières globales et des mutations structurelles majeures.
On constate un volume d’environ 220 millions de nuitées par an, ce qui dépasse les niveaux d’avant Covid, et un parc hôtelier d’environ 16 600 établissements (650 000 chambres). Avec un rapide calcul, le taux d’occupation moyen est de 67%, porté par les métropoles et le littoral.
Le RevPAR (Revenue Per Available Room, ou revenu par chambre disponible) est l’indicateur financier de référence de l’hôtellerie. Il mesure la rentabilité globale du parc de chambres sur une période donnée (jour, mois, année). À la différence du simple prix moyen d’une chambre, le RevPAR prend en compte simultanément l’occupation et les tarifs pratiqués. Le RevPAR moyen est de 85€, en hausse continue grâce au yield management (c’est une technique de tarification dynamique qui consiste à ajuster les prix en temps réel en fonction de la demande pour maximiser le chiffre d’affaires… que l’on retrouve dans les trains, les avions, ou les panneaux d’affichage).
L’hôtellerie indépendante demeure largement prioritaire en nombre d’établissements (plus de 80 % du parc), mais les chaînes intégrées (Accor, Louvre Hotels, B&B) et volontaires (Logis Hôtels) captent la moitié des nuitées et dominent l’offre de grande capacité.
Les petites structures rurales et les 1 à 2 étoiles non classés accusent un net déclin ou ferment. Le segment 4 et 5 étoiles connaît une forte expansion (+340 % d’établissements 4-5* sur 15 ans), soutenu par une clientèle internationale à fort pouvoir d’achat.
Grandes tendances et mutations du marché
L’intermédiation est forte (OTA) : Booking.com et Expedia contrôlent une part majeure du flux de réservation en ligne, obligeant les hôteliers à investir dans la vente directe ou les programmes de fidélité pour préserver leurs marges.
Ensuite on assiste à une hybridation et des concepts « Lifestyle ». C’est le développement accéléré des formats mixtes combinant hébergement, espaces de coworking, restauration et lieux de vie (ex. Jo&Joe, Mama Shelter, Eklo). A Clermont-Ferrand, le PIC entre dans cette catégorie.
Concurrence des meublés touristiques : La pression de plateformes type Airbnb pousse l’hôtellerie à faire valoir ses services intégrés (réception 24/7, petit-déjeuner, entretien).
L’hôtellerie est confrontée à de véritables défis d’exploitation : La hausse des coûts de l’énergie et de la masse salariale (35 % à 45 % du CA) ainsi que les tensions sur le recrutement pèsent sur la rentabilité nette.
En fin, les démarches de labellisation (Écolabel européen, Clé Verte) deviennent des critères déterminants pour capter la clientèle d’affaires et corporate.
Des concurrents qui pèsent de plus en plus lourd
Le marché de l’hébergement touristique marchand en France se partage entre l’hôtellerie classique et trois grands secteurs concurrents directes.
Le plus important est celui de la location meublée de courte durée (Airbnb, Abritel, Gîtes de France). Portée par les plateformes en ligne, cette alternative a profondément restructuré l’offre d’hébergement urbaine et touristique. La consommation directe en hébergement représente environ 12 à 15 milliards d’euros par an (avec un impact global de plus de 40 milliards d’euros en incluant les dépenses annexes des voyageurs). Ce segment génère plus de 170 millions de nuitées par an en France. Airbnb domine largement le marché, suivi par le groupe Expedia (Abritel/Vrbo). Ses atouts concurrentiels sont le prix au lit souvent plus attractif pour les familles/groupes, des équipements de cuisine intégrés, et une immersion locale.
L’Hôtellerie de Plein Air (HPA / Campings) est le premier mode d’hébergement touristique marchand en France en nombre de places. La montée en gamme (mobil-homes, espaces aquatiques) en fait un concurrent direct des hôtels 3 et 4 étoiles pendant la saison estivale. Son poids économique est de 3 à 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires direct (l’empreinte économique totale du secteur atteint près de 30 milliards d’euros avec la restauration et les loisirs sur site). Ce secteur compte environ 7 500 établissements et plus de 145 millions de nuitées enregistrées par an. Des grands groupes se partagent le marché (Capfun, European Camping Group/Tohapi, Siblu, Yelloh! Village). Son attractivité tient dans le rapport qualité/prix perçu, des hébergements locatifs récents et spacieux, et une offre de loisirs tout-en-un.
Les résidences de tourisme et villages vacances sont conçues pour les séjours de moyenne durée en zone littorale, de montagne ou d’affaires (apparthôtels), elles proposent des appartements meublés avec des services para-hôteliers. Son poids économique est de 3,5 à 4 milliards d’euros, avec une capacité de 800 000 lits (2 500 établissements). Ses acteurs majeurs sont Pierre & Vacances / Center Parcs, Odalys, Belambra, ou Adagio sur le segment affaires. Elles profitent d’emplacements stratégiques (au pied des pistes, front de mer) et des logements adaptés aux familles avec animations et services inclus.
Qu'attendent vraiment les Français d'un séjour à l'hôtel en 2026 ?
Une étude inédite menée par Toluna Harris Interactive pour B&B HOTELS auprès de 1 022 personnes dresse un portrait inattendu : entre pragmatisme budgétaire et quête de déconnexion, les Français réinventent leur rapport à l’hôtellerie.
Le « lâcher-prise » : principale motivation des Français
Pour 87 % des Français, passer une nuit à l’hôtel est avant tout une parenthèse dans le quotidien et un booster de sérénité pour réduire le stress (85 %).
La nouvelle tendance ? S’offrir du temps calme : 58 % des sondés plébiscitent l’hôtel pour une raison évidente : « ne se soucier de rien ». 45 % savourent le plaisir coupable d’oublier totalement les corvées ménagères.
Plus qu’un lit douillet, on y cherche le calme (53 %) et une autorisation décomplexée à la gourmandise, 61 % des Français profitant de leur séjour pour s’offrir des repas bien plus copieux qu’à la maison.
Retrouvailles en tribu : l’hôtel, nouveau créateur de liens. Si l’hôtel fait du bien au moral, il est aussi le théâtre de moments partagés précieux. On y vient pour se déconnecter du reste du monde, mais pour mieux se reconnecter aux siens : avec ses enfants (61 %) ou sa bande de copains (61 %).
Des vacances : Oui… mais pas à n’importe quel prix ! Pas question de faire une croix sur le plaisir des vacances, les Français font seulement des choix différents avant de réserver leur refuge idéal. L’étude révèle un arbitrage pragmatique : pour 76% des sondés, le combo « juste prix » et « hygiène irréprochable » s’impose comme le prérequis absolu d’un séjour à l’hôtel, devant le design de la chambre (68%) ou la localisation (55%).
Le triptyque de l’hôtel lifestyle en 2026 L’étude dessine les contours de l’hôtel idéal de demain, si le juste prix était toujours essentiel, il devrait aussi être à la croisée des engagements éco-responsables et des petits plaisirs de la vie : Le réveil gourmand et local : le petit-déjeuner à l’hôtel reste un rituel sacré, synonyme de détente pour 92 % des Français. Mais en 2026, il se veut éthique : 84% des voyageurs privilégient les circuits courts, le made in France et les produits de nos régions.
La conscience « Green » : le voyage responsable est ancré dans les mœurs. 82 % des Français se disent prêts à poser leurs valises dans un établissement engagé pour la planète
Le hub de quartier : l’hôtel abolit les frontières. 78 % des sondés valident l’hybridation des espaces, imaginant volontiers les cafétérias se muer en espaces de coworking vibrants hors des heures de repas. Un lieu de vie ouvert, tout simplement.
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