L'économie positive
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Le courrier des entreprises

« Rendre un hommage d’amour à ce monde agricole »

Parfois je vois mon métier comme celui d’un « passeur d’histoires », pour la force d’un témoignage humain, en dehors des clivages et des chapelles. Notre agriculture pleure du mépris dont elle est la cible, et il en faut beaucoup pour qu’un agriculteur ou qu’un éleveur abandonne sa ferme et s’arme de détermination pour déclarer son désarroi devant les produits importés qui ne respectent pas les normes qui les contraignent, devant la différence entre les prix de la grande distribution et le prix qu’ils en retirent… Je me suis arrêté devant le témoignage poignant de Jérôme Bru, un restaurateur et magnifique cuisinier, issu du monde paysan, qui se désole de la situation de ses fournisseurs.  

« En tant que fils, petit-fils, arrière-petit-fils, et arrière-arrière-petit-fils de chef d’entreprise d’exploitation Agricole, j’ai fait le choix de devenir cuisinier et restaurateur, pour rendre un hommage d’amour à ce monde agricole, à mes grands-parents, mon pépé, mes parents, mon papa ma maman, pour la transmission de leur passion pour l’élevage mais aussi pour la culture, le potager, la cueillette, le verger, les vignes de mon pépé, de mes tontons, le respect du terroir et de son territoire, mais aussi le plus important le respect de la saisonnalité et de la nature.

Nous les artisans des métiers de bouche nous sommes concernés par cette colère des agriculteurs, alors si l’hypocrisie n’est pas de ce monde et que les soutiens sont d’une sincérité exemplaire alors je veux voir sur les portes des restaurants les ardoises et les noms de vos producteurs…

Alors oui les politiques ne font rien pour les soutenir mais nous sommes beaucoup plus nombreux alors c’est maintenant que tout se joue, pour soutenir le local et son économie, et contribuer à préserver notre nature (il n’y a pas que Tesla pour sauver notre planète)

Mon restaurant, qui n’est pas plein tous les jours comme je l’imaginais, est situé à proximité d’une grande entreprise du CAC40, du siège régional d’une grande banque française mais aussi les bureaux du Conseil départemental du Puy-de-Dôme, plutôt bien situé dans un secteur tertiaire.

Alors que l’un bataille pour faire le meilleur produit le plus performant au meilleur prix et qui lutte contre la concurrence low-cost venue de Chine ou d’Inde, l’autre qui encaisse l’argent des travailleurs et des entreprises pour financer des entreprises locales et contribuer à enrichir le territoire, et le troisième qui devrait soutenir les acteurs locaux qui contribuent à leurs propres emplois par les taxes qu’ils reversent.

Alors en tant qu’acteur de l’économie locale et artisan du bien manger, ce qui me choque le plus en tant que cuisinier c’est la destination pour vous alimenter, ce n’est pas le Carrefour City qui va vous nourrir sainement avec un sandwich triangulaire ou une salade composée fabriqué en Espagne et ce n’est pas en allant manger des cuisses de poulet venues du Brésil dans des restaurants ou chaînes venues d’ailleurs que vous soutenez l’économie locale mais aussi notre monde agricole.

C’est à nous de faire changer les choses, nous en sommes capables pour demain pour nos enfants et pour notre planète 🌍

Alors soutenons nos Agriculteurs, Éleveurs, Producteurs, Maraîchers, Vignerons, Artisans des métiers de bouche.

À mes sœurs, Sylvie éleveuses de volailles dans le Larzac, à Isabelle éleveuse de viande Limousine à Saint Junien, à mon frère Fabien Maraîchers et éleveurs de viande Limousine à Saint Junien.

A mon papa qui va avoir 70 ans en mai prochain et qui travaille encore comme si il avait 20 ans parce que sa retraite était une misère (450€) alors il préfère ne pas s’arrêter parce qu’il considère que c’est une honte, que c’est du mépris, et qu’il ne peut même pas profiter de tous ses petits-enfants parce qu’il est encore obligé de travailler sans vacances du lundi au dimanche et du 1er janvier au 31 décembre, à ma Maman également qui contribue grandement aux côtés de mon cher papa, à mes cousins Robin, Benoît, Philippe, mes oncles Pascal, Jacques.

À mes fournisseurs, merci infiniment de nous produire et nous offrir cette diversité qui fait la richesse de notre gastronomie. »

Jérôme Bru, chef talentueux des restaurants Smorrebrod (rue des Archers à Clermont-Ferrand) et B2K6 (rue du Caire à Lempdes)

La consommation est le meilleur message de solidarité que nous pouvons envoyer à nos entreprises.

Nous achetons des pneus Michelin par patriotisme économique clermontois, nous adhérons à une banque à travers ses valeurs de coopération et de solidarité dans nos territoires, nous choisissons nos élus pour leur capacité à défendre nos intérêts… et si nous faisions la même chose pour nos restaurateurs qui respectent la saisonnalité, leurs fournisseurs locaux, la qualité des produits… Ils ont aussi été bien bousculés depuis 4 ans… Ils comptent sur nous.

Smorrebrod     B2K6

Le Courrier des Entreprises soutient les agriculteurs, les éleveurs, les viticulteurs, les maraîchers, les vrais restaurateurs, les commerçants honnêtes et les locavores

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Pierre-Edouard Laigo

Rédacteur en Chef
pierre-edouard.laigo@lecourrierdesentreprises.fr
port. 06 59 056 026

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