Cantal : La Maison Piganiol, une fabrication Française de parapluie depuis 1884

La Jordanne était une rivière connue par tous les chasseurs d’or en Europe. Cette rivière qui traverse Aurillac, ville millénaire, charriait des paillettes d’or. Cet or était échangé sur place contre du cuivre que rapportaient d’Espagne les pélerins du nord de l’Europe revenant de Saint-Jacques de Compostelle. Ainsi naquit dès le Moyen Age à Aurillac une tradition de batteurs de cuivre, les dinandiers.

A partir de ce cuivre, les artisans locaux ont réalisé les pièces metalliques entrant dans la fabrication des parapluies : noix, coulants, aiguillettes.

Comme les forêts cantaliennes regorgeaient de matière première, une industrie de mâts et de poignées en bois s’est développée tout autour de la ville. Enfin, les paysans cantaliens qui allaient en Espagne vendre leurs chevaux, ramenaient de la toile de coton. C’est à partir de cette toile de coton, enduite d’huile pour l’imperméabiliser, que furent confectionnées les premières couvertures contre la pluie.

Tout était donc réuni pour faire d’Aurillac le berceau du parapluie français.

En 1856 il y a 4 fabricants de cannes ou de parapluies à Aurillac, faisant travailler 37 personnes. En 1857, 3 d’entre eux s’associent pour allier leurs forces : la société Durand Lafont et Pertus est née.

En 1861, 150 000 parapluies sont confectionnés, par 130 ouvriers et 90 ouvrières à domicile. On peut alors lire dans Le Moniteur du Cantal  » Il sort de là de véritables cargaisons de parapluies dirigées vers les 4 points cardinaux de France. Ces parapluies courent le monde entier sur le dos des colporteurs auvergnats. » En 1875, Périez et Lafont reçoivent une médaille de vermeil à l’exposition industrielle et horticole de Paris.

En 1928, ce sont près de 1 100 000 parapluies qui sont fabriqués à Aurillac par près de 750 ouvriers et ouvrières à domicile.

Seules 3 fabriques de parapluies survivent dans la seconde moitié du XXème siècle : Sauvagnat, Piganiol et Dalbin. Ils s’attachent ainsi à relancer le parapluie d’Aurillac.

Le 1er février 1884, Jean-Baptiste Poignet, employé de commerce et Jacques Vaurs, négociant en parapluie, s’associent et ouvrent une fabrique au 16 rue des fossés. C’est l’origine de l’entreprise Piganiol. La transmission des entreprises se fait principalement par mariage ou par départ d’un voyageur qui crée sa propre affaire ou s’associe avec un concurrent. En 1928, René Piganiol intègre la société qui alors s’intitule Delort et Terrisse. En 1932, il succède à celui qui est devenu son beau-père, Jean Delort. L’entreprise devient alors Terrisse et Piganiol.

Aujourd’hui, 30 personnes fabriquent plus de 50 000 parapluies par an à Aurillac dans les ateliers de la manufacture Piganiol.

Coupeuses, piqueuses, assembleuses, chaque métier de la fabrication de parapluies demande une précision des gestes, la transmission d’un savoir-faire centenaire et en même temps l’adaptation aux nouvelles technologies pour offrir encore plus de qualité aux parapluies, véritables accessoires de mode haut de gamme Made in France.

C’est ainsi que la marque de parapluie française Maison Piganiol défend avant tout la qualité d’une fabrication de parapluies haut-de-gamme et du luxe à la française, dans ses ateliers d’Aurillac.

Découvrez en vidéo un magnifique portrait de la maison Piganiol dans le cadre de la websérie ‘Nos habitants ont du talent’ réalisée par la Région Auvergne-Rhône-Alpes :

https://twitter.com/auvergnerhalpes/status/1129446483722461186

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