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Bitcoin, un délire geek ou l’avenir de la monnaie ?

Depuis une douzaine d’année un nouveau mot s’insinue et enfle dans la communauté connectée : Bitcoin. Nous avons enquêté pour vous éclairer un peu mieux sur ce « machin ».

Bitcoin, c’est quoi donc ?

Vous avez certainement déjà entendu le mot « bitcoin » (attention, il est impératif de le prononcer à l’anglaise pour éviter toute blague graveleuse).

Bitcoin littéralement pièce de monnaie informatique est une cryptomonnaie (rien à voir avec le pognon de Buffy et de ses vampires) en clair une « monnaie cachée » (du grec kruptos) créé en 2008 par un groupe qui se nomme Satoshi Nakamoto, et qui n’est absolument pas ce pauvre homonyme septuagénaire californien d’origine nippone. L’identité du ou des créateurs du Bitcoin reste donc, là aussi, une information cachée. Son émission est limitée à moins de 30 millions d’unités. Vous entendrez aussi le mot satoshi (ou sat) qui est sa plus petite division (aujourd’hui égal à environ 0.05 cent).

(vidéo de 2013)

Le 8 février Elon Musk, l’emblématique patron de Tesla et de SpaceX, indiquait avoir investi 1.5 milliards de dollars en Bitcoin, faisant s’envoler le cours de la monnaie numérique. Il peut fêter dignement le marché de 2.9 milliards de dollars qu’il vient de remporter pour développer le système d’alunissage de la prochaine mission vers la Lune de la NASA… Vous avez dit visionnaire ?

Pour Billes Gates, il faut se méfier du Bitcoin car c’est une monnaie très volatile (fluctuation imprévisible des taux de change) et risquée du fait de l’anonymat des transactions, si « on n’est pas aussi riche qu’Elon Musk » et qu’on ne peut pas patienter. De plus le milliardaire, très soucieux des impacts environnementaux rappelle que la cryptomonnaie consomme beaucoup d’énergie.

1000 milliards de dollars de capitalisation boursière

Le Bitcoin est maintenant comparé à l’or en termes d’actifs d’épargne moins sensibles à l’inflation. Alors ? valeur spéculative ou valeur refuge ? certains devins de la finance prédisent que le plafond du marché du Bitcoin dépassera celui de l’or dans les 10 ans.

Aujourd’hui un bitcoin = plus de 51 000 € mais ce chiffre peut déjà avoir évolué lorsque vous lirez cet article !!

Blockchain= registre virtuel des transactions

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Elle est la technologie au cœur du Web Décentralisé et de son corollaire, la finance décentralisée.

(vidéo de 2017)

Des frais fixes… et réduits

Une monnaie décentralisée qui trouve progressivement ses adeptes avec ses frais fixes de transaction réduits. Contrairement aux cartes de crédit, les frais éventuels sont à la charge non pas du vendeur mais de l’acheteur, qui choisit d’en payer volontairement. Une transaction bitcoin est irrévocable et ne peut être annulée. Le bitcoin est accepté par un nombre croissant de commerçants comme moyen de paiement.

Le sel et les coquillages

A l’origine, on utilisait des objets auxquels on attribuait une valeur d’échange comme le sel, qui a servi à payer les légionnaires romains… et a donné le mot « salaire », d’autres échangeaient des biens contre des coquillages.

Pour rappel nos monnaies sont dites « fiduciaires » car nous acceptons tous de leur faire confiance (fiducia en latin) alors que ce ne sont que des bouts de papier ou des morceaux de métal sans valeur intrinsèque.

Une montée en flèche puis un yoyo

En 2009 ce n’était qu’un passe-temps entre geeks fan de crypto. Sa valeur d’échange était quasi nulle : un bitcoin s’échangeait contre 0.001 dollars… en février 2011 il atteint la parité avec le dollar, 2 ans plus tard il vaut une once d’or ! (environ 1250$) ensuite ce ne sont qu’une succession de ventes paniques et d’engouements frénétiques. Tout est susceptible de modifier son cours, par exemple à l’annonce du Brexit toutes les places financières plongent sauf le bitcoin qui prend 9%.

Plus un actif est volatil, plus il est risqué, la volatilité est même une mesure du risque. Le tournant a été en novembre 2012 quand WordPress a accepté des bitcoins pour ses services payants et quand Paypal, en 2014 s’est ouvert à la crypto-monnaie.

Le DarkWeb s’empare du bitcoin

“Le vice, toujours sombre, aime l’obscurité.” Boileau

Les crypto-anarchistes ont créé le DarkWeb, sorte de catacombes du net, pour garantir l’anonymat des échanges pour ceux qui ont intérêt à vivre caché. Pour tout un ensemble hétérogène du secret : djihadistes, pédophiles, dealers, militants politiques, journalistes, crypto-anarchistes ou curieux, il est possible de trouver des drogues ainsi que des armes, des objets sexuels, des médicaments, des faux papiers ou du matériel de hacking… bref, l’illicite.

Bitcoin fut la monnaie du DarkWeb avant de conquérir la surface, comme le dollar fut la monnaie des cowboys avant de gagner Wall Street. Dépourvues de tiers de confiance, les crypto-monnaies s’affranchissent des règles de police et de lutte contre le blanchiment d’argent.

(vidéo de septembre 2020)

Une monnaie « Espéranto » extra territoriale pour s’affranchir du joug des États

L’idée commune est de mettre fin au monopole des banques centrales dans l’émission de monnaie, car les cycles économiques sont la conséquence inévitable des interventions monétaires sur le marché qui entrainent des taux d’intérêts artificiellement bas.

Le résultat d’une mise en concurrence et de dénationalisation de la monnaie puis de maximisation des profits serait un système monétaire hautement efficace dans lequel seules des monnaies stables coexisteraient, dans une sorte de Darwinisme économique.

Il faut bien distinguer le bitcoin, la crypto-monnaie et d’autre part Bitcoin (avec un B majuscule), le système de paiement dans cette devise.

Il y a de très nombreuses autres cryptomonnaies comme l’Ethereum, le Ripple, le Dash, Monero, Zcash, etc… Mais le bitcoin est bien évidemment la référence des crypto-monnaies et deviendrait de ce fait une valeur refuge plus qu’un moyen de paiement.

A l’heure de la dématérialisation des échanges le Bitcoin semble devenir un acteur qui, après une première décennie d’énergie volatile (pour les pigeons ?), de fougue capricieuse de la jeunesse, pourrait gagner en stabilité.

A l’instar des logiciels en open-source, le Bitcoin est sous la forme de logiciel libre, et désormais vous pouvez suivre une formation au bitcoin et aux cryptomonnaies… mais il n’est pas dit que vous pouvez la régler en bitcoin…

En savoir plus ? Regardez cette intéressante émission d’Arte datant de février 21

 

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Pierre-Edouard Laigo

pierre-edouard.laigo@lecourrierdesentreprises.fr
port. 06 59 056 026

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