Auto-entrepreneur : un statut plébiscité mais…

Depuis sa création il y a seize ans, le régime de l’auto-entrepreneur a révolutionné le paysage entrepreneurial français. Plus de 6 millions d’auto-entreprises ont vu le jour, et plus de 3 millions sont encore actives aujourd’hui. Simplicité, souplesse et sécurité : les ingrédients du succès sont évidents. Pourtant, derrière ce plébiscite se cache une autre réalité : lorsque les auto-entrepreneurs souhaitent franchir un cap et développer leur activité, ils se heurtent à une série de freins administratifs, fiscaux et sociaux qui les dissuadent de grandir.

L’Union des Auto-Entrepreneurs et des Travailleurs Indépendants publie une étude

L’Union des Auto-Entrepreneurs et des Travailleurs Indépendants, dans le cadre de son Observatoire, publie une nouvelle étude inédite qui met en lumière les freins à l’évolution des auto-entrepreneurs et les mécanismes de leur renoncement à faire grandir leur activité et à embaucher.

L’enquête, menée auprès de 1 600 auto-entrepreneurs et enrichie de 30 entretiens qualitatifs, met en lumière un paradoxe : l’envie d’évoluer est réelle, mais la peur de la complexité bloque le passage à l’acte.

Quelques chiffres révélateurs

D’abord un constat très positif : 94 % des auto-entrepreneurs se disent satisfaits ou partiellement satisfaits de leur statut. Ensuite la difficulté de se développer : 69 % souhaitent ou envisagent de développer leur activité dans les prochaines années… 50 % y ont renoncé.

Le grand méchant loup : la complexité administrative. 75 % redoutent la complexité administrative liée à un changement de statut juridique. 75 % craignent une perte de revenus.

Le poids des charges qui pèse sur les entreprises françaises est un vrai refouloir. 88 % redoutent les nouvelles charges et obligations comptables.

Le recrutement est vu comme une roulette russe : Dans le contexte actuel qui donne tous les droits (et peu de devoirs) au salarié, embaucher est perçu comme un danger. Une mise aux Prud’hommes peut contraindre une boite à fermer. C’est pour cela qu’ils ne seraient qu’un tiers (32%) à envisager de recruter en cas de changement de statut.

Lever les freins de l’usine à gaz administrative

« Trop d’entrepreneurs renoncent à se développer, non pas par manque d’envie, mais par crainte de l’usine à gaz administrative. Il est temps de lever ces freins et de simplifier l’après auto-entrepreneur en gommant cette « économie de la complexité » qui empoisonne la France. » François Hurel, Président de l’Union des Auto-Entrepreneurs.

« Entreprendre, c’est oser. Aucune ambition ne devrait être freinée par la complexité. Soutenir les auto-entrepreneurs, c’est investir dans la vitalité économique et sociale du pays. » Maryvonne Le Roch-Nocera, Présidente de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires.

Une étude qui alerte sur « l’économie de la complexité »

À travers les témoignages recueillis, l’étude démontre que le passage en société représente souvent une « marche trop haute ». Une perte de revenus évidente pour nourrir la complexité du changement de statut, la gestion administrative, comptable et fiscale jugée « illisible », et le recrutement perçu comme un risque plus qu’une opportunité.

Certains auto-entrepreneurs vont même jusqu’à freiner volontairement leur chiffre d’affaires ou refuser des clients, afin d’éviter de dépasser les seuils légaux et de basculer vers un autre statut jugé trop contraignant. Un constat alarmant, qui prive l’économie française d’un formidable vivier de croissance et d’emplois.

Quand un candidat aura le courage d’à la fois « dégraisser le mammouth » de l’administratif national, de retirer les semelles de plomb de la fiscalité des PME, et d’opposer un veto aux décision iniques des commissaires de Bruxelles … on en reparlera

Mieux connaître L’Union des Auto-Entrepreneurs

 


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Pierre-Edouard Laigo

Directeur et Rédacteur en Chef

Communicant qui aime marier des entreprises de la région


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