Le courrier des entreprises

Cusset (03) : La maroquinerie des volcans déterminée à exister

Dans ses locaux rénovés de la rue de Romainville (zone des Graves), l’entreprise a dû, comme beaucoup, s’adapter, et réalise actuellement des masques lavables, en attendant la reprise de la filière de la maroquinerie. Rencontre avec des entrepreneurs déterminés.

Difficile d’imaginer des débuts plus inquiétants, que ceux vécus par Aurélie Renaudineau et son associé Mathieu Boucher : « Nous avons créé la Maroquinerie des Volcans en janvier 2020 et sommes tous deux salariés depuis février. Après des travaux de rafraîchissements des locaux et de la création d’un réfectoire, nous avions déjà décroché plusieurs contrats de production pour des maroquiniers, mais tout s’est arrêté en mars. C’était tellement frustrant ! Nous nous sommes alors posés beaucoup de questions sur la survie de notre entreprise ! ».

Faut-il sortir du chômage technique ? Une activité annexe peut-elle sauver cette jeune société ? Finalement, après plusieurs demandes d’entreprises locales, La Maroquinerie des Volcans se lance dans la confection de masques lavables.

Des masques lavables en attendant la reprise de la filière maroquinerie

C’est dans un local rénové de 1.500 m² qu’Aurélie Renaudineau, Mathieu Boucher et deux salariées ont momentanément laissé de côté les machines de travail du cuir, et ont commencé la production de masques dès le mois de mai.

De nouvelles missions qui demandent tout autant de minutie et rigueur, surtout dans le contexte actuel. « Les masques lavables en tissu ont subi une baisse de crédibilité récemment, souvent à cause d’une production devant répondre à l’urgence des demandes. Nous avons donc pris le temps de bien étudier la qualité des tissus, la production et de pouvoir répondre à des commandes importantes », insiste Aurélie Renaudineau, en couturière expérimentée.

Après plusieurs semaines de recherches des meilleurs matières premières, d’essais et de tests règlementaires (UNS1), la Maroquinerie des Volcans propose un masque blanc 100% polyester et conforme au guide Afnor, de deux grammages différents, lavables au moins 20 fois à 60°.

Un tissu léger, testé par la Direction générale des armées, qui a l’avantage de ne pas pelucher et qui limite les irritations. « Nous avions du mal à répondre aux grandes commandes, alors nous venons de recruter deux autres couturières pour être compétitifs. Nous pouvons désormais produire 600 masques/jour et nous aligner sur les prix de nos concurrents », explique Mathieu Boucher, ancien entraîneur de chevaux, qui opère ici une reconversion totale.

Normalement en charge du développement commercial, ce dernier a su rapidement diversifier son savoir-faire entre coupe de patrons, emballage et livraisons, pour optimiser la polyvalence de l’entreprise. Soucieux de soutenir ceux qui en ont besoin, les associés vont également offrir 100 masques à la maison de retraite de Cusset, et 150 masques aux commerçants de la ville, afin d’accompagner leur reprise d’activité.

L’heure est désormais à la relance commerciale pour les masques, notamment pour les entreprises locales et les pharmacies qui ont du mal à s’approvisionner. Une bouffé d’air et d’espoir pour l’entreprise, mais qui n’a rien d’un miracle économique. « Nous avons investi près de 13.000 euros supplémentaires, notamment dans des machines qui ne nous servirons pas ensuite pour le travail du cuir. Si nous vendons tout notre stock de masques, nous pourrons juste payer nos charges sans aucun bénéfice », révèlent avec lucidité les deux associés, qui préparent donc aussi la reprise de la filière du cuir.

 Des experts du cuir

C’est portée par une filière nationale du luxe florissante, que la Maroquinerie des Volcans a vu le jour. Une entreprise menée par Aurélie Renaudineau, une couturière expérimentée et passionnée. « Après des études dans le textile et la couture sur Vichy, j’ai eu une première vie professionnelle faite de beaucoup d’expériences différentes. Puis je suis entrée chez Sofama (fabrication de maroquinerie de Luxe à Espinasse Vozelle) comme ouvrière.

J’y ai appris le métier du cuir, j’ai évolué jusqu’à devenir responsable d’équipe et de production, en gestion de 80 salariés environ », explique la jeune chef d’entreprise. Après 7 années, elle rejoint le groupe Fleurus sur des postes similaires, avant de laisser mûrir un projet plus personnel. « Cela faisait plusieurs années que je souhaitais créer ma société, mes sœurs, aujourd’hui actionnaires, et mon beau-frère Mathieu, aujourd’hui à mes côtés en tant qu’associé, m’ont encouragé et suivi dans ce projet ».

Malgré la crise actuelle, tous en sont persuadés leur activité et leur projet entrepreneurial a de l’avenir et du potentiel ! Déjà sollicitée par plusieurs maroquiniers en direct ou leurs sous-traitants, l’entreprise envisage de réaliser des missions spécifiques pour des articles de bagagerie, notamment sur des tâches où Aurélie Renaudineau a détecté de réels besoins dans ses précédents postes (assemblage d’intérieur de sac à main, montage de bandoulière, sous-ensembles de sac …).

5 recrutements ont déjà eu lieu, en misant sur des profils expérimentés dans le cuir, afin d’enchainer dès que possible sur cette production. « Pour l’instant nous n’avons aucun objectif précis en termes de nombre de collaborateurs, nous ferons évoluer l’effectif en fonction des demandes, tout en favorisant des formations internes.

L’équipe de la Maroquinerie des Volcans est ainsi déjà prête à assurer des commandes pour ses clients nationaux et internationaux, dans le respect de l’excellence du savoir-faire de cette filière exigeante.

En savoir plus :

 

Cet article est le fruit d’un partenariat entre le Courrier des Entreprises et Vichy Communauté Développement.
Il est publié dans les Carnets économiques de Vichy Communauté Développement.
Rédaction Bénédicte RolletNOTA Bene pour les carnets économiques de Vichy Communauté Développement.
Vous souhaitez recevoir la lettre d’information des carnets économiques : communication@vichy-economie.com